Modèle
Comment rédiger un brief pour une agence ?
Le brief est la question que vous posez à l’agence : sa qualité conditionne celle de la recommandation. Rubriques attendues par les guides professionnels, modèle à remplir, exemple illustratif et erreurs à éviter.

À quoi sert un brief d’agence ?
Le brief est le document dans lequel l’annonceur expose son besoin à l’agence. Le guide publié par l’UDA et l’AACC en 2005 présente le brief, ou cahier des charges, comme le point de départ de la relation entre agence et annonceur. Selon ce guide, il doit être synthétique, précis, argumenté et opérationnel UDA et AACC.
Concrètement, il s’agit d’apporter des faits plutôt que des intentions, des choix expliqués et des informations que l’agence peut utiliser sans deviner ce que vous voulez. Un brief flou produit des recommandations difficiles à comparer et des devis bâtis sur des hypothèses différentes.
Le brief n’est pas une recommandation : il pose la question, l’agence propose la réponse. Ce n’est pas non plus un plan de communication complet : si vos priorités ne sont pas fixées, partez d’un modèle de plan de communication.
Que demandent les guides professionnels ?
Le guide UDA-AACC détaille le contenu attendu.
- La description de l’environnement : le marché, le produit et ses concurrents, les contraintes techniques ou réglementaires, les consommateurs UDA et AACC.
- Le problème posé en termes de communication et le message que la campagne doit faire passer.
- Le résultat attendu en termes d’image, de notoriété ou de ventes.
- Les modes de collaboration envisagés avec l’agence : type de contrat, système de rémunération, critères d’évaluation des performances et de la collaboration.
Le même guide demande que le brief soit établi par écrit et validé en interne, en particulier par le décideur final. Il recommande aussi d’organiser une réunion pour présenter et commenter oralement le brief à l’agence. Pour le type de contrat, décidez d’abord s’il s’agit d’une mission ponctuelle ou d’un accompagnement annuel.
Pour un appel d’offres, la charte La Belle Compétition (AACC, ADC, LÉVÉNEMENT, SCRP, UDECAM, Union des marques) demande un brief écrit, validé et documenté, avec l’objet précis de l’appel d’offres et la description des livrables. Elle demande aussi de communiquer un calendrier détaillé du brief au choix final, le budget ou une fourchette de budget, ainsi que les critères de sélection et la grille d’évaluation La Belle Compétition. Ces points structurent la méthode pour organiser une consultation d’agences.
Dans l’événementiel, LÉVÉNEMENT recommande un brief qui indique le budget et le nombre de compétiteurs, validé par les décisionnaires finaux. Son guide LESSENTIEL recommande un brief écrit, budgété, validé par les décisionnaires et limité en nombre de livrables LÉVÉNEMENT. Le guide AACC-ANAé-UDA de la communication événementielle, publié en 2010, recommande à l’annonceur de communiquer aux agences en compétition son budget, une fourchette ou au moins un ordre de grandeur AACC. Pour un projet d’événement, voyez aussi comment travailler avec une agence événementielle.
Modèle de brief d’agence à remplir
Le modèle ci-dessous reprend ces attentes en dix rubriques. Le même modèle, proposé au format Word (.docx) sur cette page, ajoute sous chaque rubrique un espace pour votre réponse.
| Rubrique | Ce qu’il faut préciser |
|---|---|
| Contexte et organisation | Activité, marché, concurrents, raison de la demande, actions déjà menées et leur bilan. |
| Objectifs de communication | Problème à résoudre et résultat attendu (image, notoriété, inscriptions, ventes), formulé de façon mesurable. |
| Publics visés | Publics prioritaires et secondaires, ce que vous savez de leurs attentes, études disponibles. |
| Message et positionnement | Message à faire passer, ce qui vous distingue, preuves disponibles, ton souhaité. |
| Livrables attendus | Supports et actions demandés, formats, déclinaisons ; ce qui est ferme et ce qui est optionnel. |
| Contraintes (calendrier, réglementation, charte, validations) | Échéances fixes, règles juridiques ou sectorielles, charte graphique, étapes de validation interne. |
| Budget indicatif | Enveloppe, fourchette ou ordre de grandeur ; ce qu’elle couvre (honoraires, production, achats externes) ; mode de rémunération. |
| Indicateurs de réussite | KPI retenus, sources de mesure, situation de départ si elle est connue, moment du bilan. |
| Interlocuteurs et circuit de validation | Chef de projet côté annonceur, personnes consultées, décideur final, ordre des validations. |
| Contenu attendu de la recommandation | Éléments à remettre (analyse, stratégie, pistes créatives, plan d’actions, rétroplanning, devis détaillé, équipe, références), forme de la présentation, critères de choix. |
Comment remplir les rubriques sensibles ?
Objectifs et indicateurs
Séparez l’objectif, ce qui doit changer chez vos publics, du livrable, ce que l’agence produit. « Une vidéo » n’est pas un objectif ; « faire connaître une nouvelle offre aux familles » en est un. Pour chaque objectif, indiquez comment vous saurez qu’il est atteint. Sans valeur de référence, dites-le : l’agence proposera une méthode de mesure. Le guide sur les KPI de communication pour mesurer une campagne aide à choisir des indicateurs réalistes.
Budget
Donnez au minimum un ordre de grandeur et précisez ce qu’il couvre : honoraires de l’agence (forfait ou fee), production, achats externes. L’espace publicitaire est vendu par les régies : prévoyez-le sur une ligne distincte. Pour un projet de site internet, un dossier France Num conseille de formuler les objectifs de manière quantifiable et de prévoir une réserve budgétaire de 15 à 20 % pour les ajustements et besoins non anticipés France Num. Pour situer votre enveloppe et lire les devis, appuyez-vous sur le guide du budget de communication et des tarifs d’agence.
Livrables et calendrier
Dressez une liste fermée de livrables, en séparant le ferme de l’optionnel. En compétition, demandez peu de pistes : chaque proposition mobilise une équipe sans garantie d’être retenue. Indiquez les dates qui ne bougeront pas (événement, rentrée, salon) et la date attendue pour la recommandation. La méthode du rétroplanning d’une campagne de communication permet ensuite de vérifier que le calendrier proposé par l’agence est tenable, validations comprises.
Validation et recommandation attendue
Nommez une personne référente et le décideur final. Faites relire le brief par les services concernés avant l’envoi : une objection découverte à la présentation oblige à tout reprendre. Décrivez enfin ce que vous voulez recevoir et selon quels critères vous choisirez : des réponses construites sur le même cadre se comparent plus facilement.
Exemple illustratif de brief rempli
Exemple illustratif : un organisme de formation associatif ouvre une formation en alternance aux métiers de la logistique. Ce scénario fictif montre le niveau de détail attendu.
- Contexte et organisation : organisme connu des entreprises de son territoire, peu connu des jeunes ; candidatures surtout par bouche-à-oreille ; site internet ancien.
- Objectifs de communication : faire connaître la formation aux jeunes et à leurs familles, recevoir assez de candidatures complètes pour ouvrir le groupe, trouver de nouvelles entreprises d’accueil.
- Publics visés : lycéens en fin de cursus, jeunes en réorientation et leurs parents ; ensuite, conseillers d’orientation et entreprises qui recrutent des alternants.
- Message et positionnement : une formation rémunérée, proche des entreprises locales, qui mène à un métier concret ; preuves : partenariats signés, encadrement individuel ; ton direct et rassurant.
- Livrables attendus : identité de campagne, page dédiée sur le site, contenus pour les réseaux sociaux, brochure imprimable, kit pour les salons d’orientation ; une courte vidéo en option.
- Contraintes : supports prêts avant les salons d’orientation, mentions obligatoires liées à la certification, charte graphique existante, validation par la direction pédagogique puis la direction générale.
- Budget indicatif : une fourchette couvrant honoraires et production ; impression et éventuel achat d’espace à part.
- Indicateurs de réussite : candidatures complètes, canal par lequel les candidats ont connu la formation, visites de la page dédiée, demandes d’entreprises ; bilan à la clôture des candidatures.
- Interlocuteurs et circuit de validation : le service communication pilote ; la direction pédagogique valide les contenus ; la direction générale décide.
- Contenu attendu de la recommandation : lecture du problème, stratégie et canaux, piste créative déclinée, plan d’actions, rétroplanning, devis séparant honoraires et production, équipe et références comparables ; présentation orale en réunion.
Les établissements et organismes de formation ont des contraintes propres (calendrier scolaire, publics mineurs, tutelles), traitées dans le guide pour rédiger un brief de communication dans l’éducation.
Brief annonceur et brief créatif : quelle différence ?
Le brief créatif n’est pas rédigé par l’annonceur. C’est un document interne à l’agence : le planneur stratégique ou le chef de projet l’écrit, à partir de votre brief, pour l’équipe de création.
Plus court que votre brief, il retient la cible, le problème à résoudre, la promesse, les preuves qui la soutiennent, le ton et les contraintes de format. Il traduit la stratégie de communication conseillée par l’agence en consigne de création.
Vous n’avez pas à l’écrire. Demandez en revanche à l’agence de vous présenter sa reformulation du besoin avant la création : c’est le moment de corriger un malentendu, à moindre coût.
Un dernier document intervient lorsqu’une société de production est consultée. L’APFP, l’AACC et l’Union des marques proposent un modèle de brief de production destiné aux appels d’offres auprès des sociétés de production de contenus publicitaires APFP. Il complète votre brief sans le remplacer.
Les erreurs fréquentes dans un brief d’agence
- Confondre objectif et livrable : demander « un site » ou « une campagne » sans dire ce qui doit changer.
- Taire le budget : sans repère, les agences chiffrent chacune à leur manière.
- Viser tout le monde : sans public prioritaire, le message se dilue.
- Empiler les messages : avec plusieurs idées de même poids, le public n’en retient aucune.
- Imposer la réponse : décrire la création attendue au lieu du problème prive l’agence de son rôle de conseil.
- Oublier les contraintes : une mention réglementaire découverte en fin de production coûte des allers-retours.
- Envoyer un brief non validé : le décideur final découvre le projet à la présentation et le remet en cause.
- Écrire dans le jargon interne : sigles et noms de projets non expliqués ralentissent la compréhension.
Gardez le brief comme référence : il sert à comparer les recommandations, à cadrer le devis retenu, puis à établir le bilan. Pour la suite, les critères pour choisir une agence de communication vous aident à départager les réponses reçues.


