Cabinets, établissements, laboratoires : la communication santé obéit à des règles propres. Voici les besoins, les prestations, les livrables et les critères pour choisir une agence qui les maîtrise.
Par la rédactionVérifié le
Quels sont les besoins de communication dans la santé ?
Un cabinet, une clinique, un laboratoire, un fabricant de dispositifs ou une association de patients s’adresse à deux publics : les patients et le grand public d’un côté, les professionnels de santé de l’autre. Les messages, les canaux et les règles ne sont pas les mêmes. Pour le premier public, voyez la communication auprès des consommateurs. Pour le second, voyez la communication auprès des professionnels.
L’annonceur attend d’une agence trois choses : une stratégie de communication claire, des supports conformes aux règles de sa profession ou de son produit, et un pilotage qui ne l’expose pas à une sanction. Le besoin de conformité vient avant le besoin de visibilité.
Quelles règles s’appliquent aux professionnels et aux établissements ?
L’interdiction générale de publicité des professions de santé a été levée. Pour les médecins, le décret n° 2020‑1662 du 22 décembre 2020 autorise la communication par tout moyen, y compris un site internet, à condition qu’elle soit loyale, sans témoignages de tiers ni comparaisons Ordre des médecins (CNOM). Pour les pharmaciens, le décret n° 2026‑156 du 3 mars 2026 autorise la publicité en faveur de l’officine, sur tout support y compris les réseaux sociaux AP-HP, affaires juridiques.
La liberté reste encadrée. Les règles de chaque profession diffèrent, et l’agence doit les connaître avant de produire quoi que ce soit.
Offres promotionnelles : la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins a sanctionné un ophtalmologiste qui publiait des offres « Cadeau de Noël » et une « Visite préopératoire gratuite ». L’article R. 4127‑19 du code de la santé publique pose que la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce Conseil national de l’Ordre des médecins.
Visuels avant / après : le CNOM recommande d’écarter ceux qui vont au-delà des résultats habituellement attendus et laissent croire à une garantie de résultat Conseil national de l’Ordre des médecins.
Hashtags : pour le CNOM, un plan de hashtags destiné à gagner en visibilité et à cibler des patients est une stratégie promotionnelle interdite.
Référencement : chez les chirurgiens-dentistes, le référencement prioritaire est interdit qu’il soit payant ou non Ordre national des chirurgiens-dentistes. L’Ordre national des infirmiers rappelle la même interdiction (article R. 4312‑68-1) et signale que les infirmiers libéraux sont souvent démarchés par des sociétés de référencement Ordre national des infirmiers.
Médicaments et dispositifs médicaux : que contrôle l’ANSM ?
La publicité grand public d’un médicament est soumise à un contrôle a priori de l’ANSM (visa GP, valable 2 ans). Elle n’est autorisée que pour les médicaments non soumis à prescription obligatoire et non remboursables, sauf dérogations (vaccins listés par arrêté, produits de sevrage tabagique) ANSM.
Auprès des professionnels de santé, la publicité exige le visa PM, valable deux ans. Ce contrôle a priori a été institué par la loi n° 2011‑2012 du 29 décembre 2011 et appliqué effectivement depuis le 1er juin 2012.
Le format compte aussi. Pour un spot TV ou une vidéo grand public, les mentions écrites tiennent dans deux bandeaux fixes affichés successivement pendant tout le spot, couvrant au moins 7 % de la hauteur de l’écran, et aucune mention audio ne peut être accélérée. La publicité native est jugée incompatible avec l’article R. 5122‑3 pour un médicament, faute de caractère publicitaire mis en évidence : pas de publireportage déguisé ANSM.
Pour les dispositifs médicaux, seuls ceux listés par les arrêtés du 24 septembre 2012 nécessitent une autorisation préalable de l’ANSM (valable 5 ans). Auprès du grand public, la publicité pour les dispositifs remboursables n’est possible que pour les classes I et IIa ANSM.
Chirurgie esthétique et influence : ce qui est exclu
Les installations autorisées de chirurgie esthétique ne peuvent bénéficier d’aucune publicité, directe ou indirecte (article L. 6322‑1). La circulaire DGS/DHOS n° 2005‑576 précise que cela vaut pour Internet et que seuls des renseignements de fait présentés avec sobriété restent possibles AP-HP.
Côté marketing d’influence, la loi sur l’influence commerciale (version adoptée le 1er juin 2023) interdit toute promotion d’actes à visée esthétique et d’interventions de chirurgie esthétique. Une campagne d’influence pour une clinique ou un centre esthétique est donc exclue Sénat.
Quelles prestations une agence santé peut‑elle proposer ?
Une agence conseille, conçoit et accompagne. Elle ne vend pas d’espace média. Dans la santé, ses prestations se répartissent ainsi :
le diagnostic des pratiques existantes et la recommandation stratégique ;
la création du site et des contenus d’information pour les patients ;
la ligne éditoriale et l’animation des réseaux sociaux, adaptées aux règles de la profession ;
Généraliste ou spécialisée : aucune option ne vaut pour tous. Un tableau compare périmètre, secteur, coordination, coût et contrat, puis des cas concrets montrent quand la spécialisation paie, notamment dans l’éducation.
AP-HP, Direction des affaires juridiquesaffairesjuridiques.aphp.fr/textes/circulaire-dgssd-2bdhoso4-n…, circulaire du 23 décembre 2005, consulté le 16 octobre 2026.
Sénatsenat.fr/leg/tas22-123.html, texte adopté le 1er juin 2023, consulté le 16 octobre 2026.
AP-HP, Direction des affaires juridiquesaffairesjuridiques.aphp.fr/textes/decret-n-2026‑156-du-3-mars-2026-modifiant-le-code-de-deontologie-des-pharmaciens-et-dautres-dispositions-du-code-de-la-sante-publique, décret n° 2026‑156 du 3 mars 2026, consulté le 16 octobre 2026.
Questions fréquentes
Une agence peut‑elle acheter des liens sponsorisés pour un médecin ?
Non. L’article R. 4127‑80 du code de la santé publique interdit au médecin d’obtenir, contre paiement ou par tout autre moyen, un référencement numérique prioritaire. Le CNOM précise que l’interdiction porte sur tous les modes d’utilisation de l’Internet, ce qui exclut l’achat de liens sponsorisés pour un client médecin Conseil national de l’Ordre des médecins.
Peut‑on répondre aux avis de patients en ligne ?
Cela dépend de la profession. L’ONCD range parmi les exemples non conformes le fait, pour un chirurgien-dentiste, de répondre à un avis nominatif et identifiable de patient Ordre national des chirurgiens-dentistes. Faites préciser à l’agence la règle applicable à votre métier avant de lui confier la modération.
Combien de temps prévoir pour valider une publicité de médicament ?
Aucun délai n’est à retenir ici : demandez à l’agence un rétroplanning qui place le dépôt auprès de l’ANSM avant la production, et vérifiez le délai d’instruction auprès de l’ANSM elle-même. Une campagne conçue sans cette étape risque d’être produite pour rien.
Comment comparer les devis de deux agences santé ?
Comparez les prestations et les livrables ligne par ligne, pas le total. Vérifiez que la relecture réglementaire, la charte éditoriale et le bilan figurent dans chaque devis, et demandez les références vérifiables de chaque agence.
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